Salut les petits loups !

Aujourd’hui, j’inaugure une rubrique un peu spéciale. Je vais vous parler des projets en attente de maison d’édition accueillante.

Le premier que je vais évoquer est AliN (lire Alien) est un roman à partir de 13 ans sur le harcèlement scolaire. Cette histoire porte une réflexion autour de la vision de soi à l’adolescence, du racket, de la culture de la “minceur” et de la “beauté”, ainsi qu’une romance douce et dramatique teintée de musique et de réseaux sociaux.

C’est l’un de mes romans les plus personnels et je n’ai pas encore trouvé quelqu’un pour l’accueillir.

Si je devais vous le pitcher, je dirai :

Un adolescent tente de sauver son amie d’enfance du harcèlement scolaire en surmontant ses propres complexes.

Un petit extrait pour se mettre dans le bain ?

2ème jour, après-midi.

Les notes que tu égrenais chaque soir m’aidaient, adoucissaient mon cœur.

Le mardi, le club de rugby se réunissait après les cours. Dans le bus, Lili avait droit à sa tranquillité, à son répit. J’avais hésité à m’asseoir près d’elle, mais je n’avais pas osé. De ma place, je pouvais voir son profil. Les yeux posés sur un roman qu’elle dévorait, un sourire releva un peu les commissures de ses lèvres pleines. Je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Une fois à notre arrêt, elle rentra à pas lents, je la suivis de loin, sans avoir le courage de me poster à ses côtés. Il me fallait retarder le moment où je ne la verrais plus.

Le vent souffla dans ses cheveux, reflets de feu envoûtants. J’avais envie de les toucher. Je me souvenais des soirs d’été où je les lui tressais avant de dormir. Elle me donnait des instructions d’un air très sévère, comme la petite chef qu’elle était à l’époque.

Arrivé devant nos maisons, je la sentis hésiter. J’ouvris la bouche, mais avant d’avoir pu dire quoi que ce soit, elle fila et claqua la porte d’entrée.

Je traînai les pieds, entrai chez moi. Ma mère m’avait laissé un mot sur le frigo, ils n’étaient pas là avant ce soir. Comme d’habitude, quoi. Elle arriverait pour manger avec moi, mais il fallait que je commence les préparatifs.

Je soupirai. Maman tenait une boutique de souvenirs dans le centre-ville. Elle rentrait souvent tard. Mon père, lui, travaillait à l’université. Il devait avoir une réunion dans la soirée.

Je délaissai mon sac dans un coin de ma chambre, on étouffait à l’intérieur. J’ouvris ma porte-fenêtre. La brise pénétra dans la pièce, m’arrachant un frisson. Je jetai un coup d’œil à mon cartable. Je n’avais aucune envie de relire mes cours… j’attrapai mon téléphone portable. J’allai commencer à jouer quand un chant s’engouffra dans ma chambre, porté par le vent.

La voix claire résonna en moi, comme un écho nostalgique et familier. Je sautai de mon lit et me jetai sur mon étui pour en sortir mon violon. Sans réfléchir, j’appuyai sur le bouton enregistrer de mon portable. Le chant se tut, la déception me coupa les jambes, et c’est les genoux tremblotants que j’osai m’approcher de la fenêtre. 

Sur le balcon d’en face, à cinquante centimètres du mien, Lili contemplait l’horizon. Cheveux au vent, une jolie robe jaune et noire voletait autour d’elle. Je m’avançai, hypnotisé. Le plancher grinça. Elle se tourna vers moi, avisa mon instrument et me gratifia d’un sourire triste. Les larmes me montèrent instantanément aux yeux, je clignai des paupières. Peut-être ne voulait-elle pas qu’on partage ce moment ensemble ? Je me détournai, la honte pesant sur mes épaules.

Mais alors que je posai mon pied sur le rebord de ma fenêtre, elle fredonna. Ah, cet air. C’était Runaway des Corrs, une de mes chansons préférées. Je réinitialisai le microphone de mon portable en le glissant à terre et installai mon violon au creux de mon cou. Les premières notes s’écoulèrent, inscrites dans ma mémoire, dans mes doigts, dans mon âme. Les paroles entonnées par Lili s’enroulèrent autour de moi. Sa voix soutenait ma musique et nous créions un monde où nous étions en phase.

J’avais rédigé ce roman dans le cadre d’un défi d’écrire un bouquin en 3 jours. Bon, j’ai mis une semaine, mais j’en suis fière. J’ai passé du temps à le corriger.
J’ai eu connaissance de ce défi par la charmante Cécile Duquenne, qui l’avait relevé haut la main pour La Tour, un très très chouette roman que j’avais chroniqué par-là : CLIC.
Je vous le conseille vivement (en plus la couv’ déchire!).

Si personne ne prend AliN sous son aile, je pense le retravailler. J’avais eu un axe intéressant dans l’un des retours détaillés que j’ai reçu.

En tous cas, souhaitons bon voyage à Lili et Adrien !